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Jan 10

Armement de la Police Municipale à Moirans

Armement de la Police Municipale à Moirans

intervention de nos élus au conseil municipal au 15 décembre 2016

 

Vous nous proposez ce soir un avenant à la convention de coordination de la  police municipale avec la gendarmerie nationale. Il s’agit d’une démarche préalable mais obligatoire en vue de l’armement de la police municipale de Moirans. Une fois de plus, vous abordez un sujet particulièrement important. Pour la vidéosurveillance, ce fut au détour des demandes de subvention.

Cette fois-ci c’est par le biais de la convention de coordination avec les services de l’Etat. C’est à croire que le débat sur des questions particulièrement importantes de la vie municipale vous effraie.

Et pourtant, le temps n’aurait pas manqué pour celà car ce projet a été évoqué il y a plusieurs mois à l’occasion du Débat d’Orientation Budgétaire.

Il est évident que le métier des policiers municipaux a évolué depuis plusieurs années. Ils n’ont plus qu’une très lointaine ressemblance avec les garde-champêtres que certains ont pu connaître. C’est la raison pour laquelle il est légitime de s’interroger sur la nécessité ou non de leur attribuer un armement et plus précisément de les doter d’armes à feu.

Pour mener à bien cette réflexion et sans vous demander d’informations sur la délinquance à Moirans que vous persistez à ne pas vouloir communiquer, il aurait été souhaitable que nous puissions connaître les missions et les types d’interventions réalisés par les policiers municipaux. Lesquelles d’entre elles sont susceptibles de requérir le port d’une arme dont l’usage, il faut le rappeler est limité à la légitime défense ?

Que ce soit pour la vidéosurveillance ou pour l’armement, nous constatons une grande absente de votre discours: la prévention. En effet, elle était une des composantes essentielles du rôle des polices municipales. Il est regrettable qu’elle tende à disparaître car l’armement des policiers municipaux amènera immanquablement un changement de perception quant à leur rôle.

Certes, leur uniforme peut les désigner pour cible car certains délinquants ne s’embarrasseront pas de savoir s’ils ont face à eux des policiers municipaux, des membres de la police nationale ou de la gendarmerie. Il est évident également que le contexte général de leur travail a évolué vers un accroissement global des risques. Le fait de les armer peut à plus forte raison les désigner comme cibles et augmentera donc les dangers qu’ils encourent, sans même parler d’un vol possible de leur arme de service. A Grenoble, l’arrivée de 2 policiers municipaux sur le lieu d’une attaque à main armée n’a pas eu de conséquence dramatique car les malfaiteurs savaient avoir à faire à des policiers non armés.

Des questions se posent : par exemple, comment va être organisé le travail avec l’agent qui ne souhaite pas être armé ? Que se passera t-il si un ou plusieurs des policiers volontaires échouent à obtenir leur agrément à l’issue de la formation ?

De tout cela, nous aurions aimé débattre à partir d’éléments concrets afin de nous forger une conviction sur le fond et de dépassionner un débat où les préjugés peuvent très rapidement venir au premier plan.

C’est pour ces raisons que nous vous demandons le report de cette délibération et l’organisation rapide d’une séance de travail en conseil municipal privé sur ce thème. Des échanges d’expériences seraient un plus pour éclairer cette démarche et nous permettre de nous prononcer dans de meilleures conditions.

L’armement ne peut être aujourd’hui la seule réponse à l’insécurité ou au sentiment d’insécurité à Moirans alors que nous n’avons aucun élément de bilan ni connaissances de l’ensemble des missions. La mise en place d’une politique de prévention auprès de la population a un rôle pédagogique qui s’inscrit dans la durée contrairement à l’armement qui joue un rôle dissuasif ponctuel et dont la réponse peut provoquer une escalade dans la violence.